





« Francis,
En apprenant ton départ, c’est tout un pan de notre histoire commune qui ressurgit.
Tu as dédié ta vie à nous faire entendre le doux murmure des feuilles, à déchiffrer le langage des lianes et à révéler la poésie secrète des canopées. Ton absence crée un vide immense, mais tu as aussi laissé derrière toi des découvertes extraordinaires, de nombreux livres, des dessins et des souvenirs inoubliables.
Je me souviens de notre rencontre en 1984, un véritable déclic, une porte ouverte sur un monde que je n’osais explorer. Grâce à toi, les forêts se sont métamorphosées, passant d’un « enfer vert » à un écosystème vivant et fascinant : des cathédrales naturelles, des bibliothèques à ciel ouvert et des laboratoires de biodiversité.
« Le Radeau des Cimes », dont tu as validé immédiatement le principe, ce qui n’était pas évident au départ, a incarné cette folie douce et géniale qui nous a permis de naviguer au-dessus des arbres, de toucher, étudier et vivre sur la canopée.
Tu nous as appris à percevoir l’invisible et à entendre l’inaudible.
Botaniste, philosophe et artiste, tu as été bien plus qu’un scientifique : un passeur d’histoires, un conteur engagé et un fervent défenseur des forêts et de leurs mystères. Ta tendresse pour les arbres et ton respect pour la nature ont démontré que la science pouvait rimer avec aventure, une épopée collective où chaque feuille, chaque racine et chaque symbiose racontent une histoire bien plus grande que nous.

Aujourd’hui, alors que tu rejoins ces forêts que tu chérissais tant, je tiens à te dire MERCI.
Merci pour nos nombreuses et enrichissantes balades en forêt, pour les rires sous les pluies tropicales, pour les soirées de conférences sous les carbets, pour les discussions passionnées autour d’un feu et pour les nuits à écouter le chant de la forêt.
Merci pour les missions audacieuses et les découvertes qui ont changé notre regard.
Merci pour ta patience dans les moments difficiles, pour ta confiance lors des retours périlleux au camp de base avec le dirigeable ou la Cinébulle, quand la météo nous jouait des tours.
Merci d’avoir cru aux idées les plus farfelues de Gilles Ebersolt et moi-même.
Tu resteras pour nous un rebelle optimiste, un savant passionné et un homme libre. Les forêts que tu as explorées, protégées et aimées continueront de murmurer ton nom. Et nous, qui avons eu la chance de croiser ta route, veillerons à faire grandir ton héritage, comme un arbre aux racines profondes et aux branches s’élevant vers le ciel.
Ton engagement et ta curiosité inépuisable ont inspiré et inspireront encore des générations entières.
Adieu, Francis. Et merci pour l’aventure.
Dany