Photo@Pawo Choyning Dorji

“Les Lumières de l’Eden”

www.edencinemalaciotat.com

 et La Société des Explorateurs Français

www.societe-explorateurs.org

présentent au Cinéma Eden Théâtre

25 bd Georges-Clémenceau, 13600 La Ciotat

Vendredi 9 novembre 2018

TIBET, ombre et lumières

Un film de Gilbert Leroy

Membre de la Société des Explorateurs, 1h, 2015.

Le Potala

Ombre au singulier, c’est l’ombre de la Chine qui étouffe les Tibétains.

Lumières au pluriel, c’est la lumière très pure des pays d’altitude,

la lumière intérieure des Tibétains et le Dalaï Lama qu’ « Ils » appellent « La lumière ».

Le Tibet est un territoire grand comme cinq fois la France. C’est le toit du monde, altitude moyenne 4000m.

Biographie

 Mon goût du voyage et de l’aventure en solitaire s’est concrétisé avec l’obtention de 2 bourses Zellidja (www.zellidja.com). En 1965, j’aménageais une vieille fourgonnette 2CV en « camping-car »et quittais ma Normandie natale pour l’Inde. La guerre entre l’Inde et le Pakistan m’a détourné de mon but ; j’ai alors fait le tour de la Méditerranée pendant près d’un an. 17 pays traversés … J’avais 23 ans.

En 1968, au volant de ma « Studiomobile », encore une 2CV où j’avais repris le concept du véhicule aménagé, je retrouvais la route de l’Asie. Deux mois de voyage pour arriver en Inde. J’ai alors sillonné l’INDE pendant 9 mois.

J’ai pu aussi parcourir l’Afghanistan avant l’invasion russe, découvrir l’Iran en temps de paix, assister au couronnement du roi du Népal en 1975… Dans les années qui ont suivi, j’ai randonné plusieurs années dans les hautes vallées tibétaines de l’Himalaya.

De cette décennie, en témoignent mes films « Népal, sur la piste sherpa », « Zanskar aux confins du Tibet » puis « Bénarès l’immortelle ».

C’est au Népal que je découvre les Tibétains. Mais le TIBET était fermé. Ce pays interdit me fascinait. Je guettais l’opportunité de fouler ce territoire immense. Après deux voyages en Chine en 1984, je sentais que ce moment était proche.

 

Un premier film au Tibet

 En 1985, j’entrais pour la première fois au Tibet, le plus discrètement possible mais avec dans mes bagages une caméra 16mm. J’ai parcouru à dos de yak les pentes enneigées, en camion les pistes défoncées. Du camp de base de l’Everest aux villages du Kham, ce fut l’aventure au quotidien. Dans une vallée sauvage, j’ai retrouvé les descendants des démons mangeurs d’homme ; j’ai filmé les pèlerins du Toit du monde se prosternant dans la poussière de la piste ; j’ai dormi avec les nomades sous leurs tentes noires tissées en poil de yak ; j’ai vu les grands monastères en ruines ; j’ai rencontré un peuple fier, où polyandrie et matriarcat régissaient la vie au quotidien.

Entre 1985 et 1987, en 9 mois d’aventures à-travers le Tibet, j’avais découvert les résultats de la volonté du Parti Communiste Chinois d’anéantir la culture tibétaine : monastères en ruines, appauvrissement de la population, emprisonnements. J’avais aussi découvert l’immensité du Tibet, la beauté de ses paysages, ses montagnes, la pureté de l’air.

Ensuite…  

 Après ce premier film « Le Tibet », j’ai réalisé plusieurs court-métrages sur la vie en Himalaya et trois films sur cet immense territoire qu’est le sous-continent indien : « Tibétains en Himalaya », « L’Inde du yak à l’éléphant », « Rajasthan ».

Pendant toutes ces années, j’ai continué à suivre l’évolution du Tibet et à essayer d’aider ce peuple des Hautes Terres au-travers de l’association « Aide à l’Enfance Tibétaine » dont je suis depuis quelques années et pour la seconde fois le président.

30 ans après mon premier film, le retour au Tibet est un véritable choc : autoroutes, tunnels, train. Lhassa et Shigatsé sont devenues de grandes villes chinoises.

Les Tibétains ont-ils encore une place dans leur propre pays ?

Le film « Tibet, ombre et lumières »

J’ai tourné mon 2ème film « TIBET, ombre et lumières » dans la région autonome du Tibet, en 2014 et 2015. Le changement avec mon film sur le Tibet tourné entre 1985 et 1987 est impressionnant.

En 30 ans, l’expédition a changé de visage. Le Tibet s’est transformé. Pour les 50 ans de la création de la Région Autonome du Tibet en 2015, la République Populaire de Chine a inauguré les toutes dernières autoroutes, d’innombrables barres d’immeubles, de nouveaux barrages… Le drapeau rouge flotte partout.

Pour les touristes, des cars confortables, de belles routes, des hôtels étoilés, des monastères reconstruits, de l’électricité partout et à profusion… Confort et modernité. La façade est belle, clinquante. La Chine est installée, omniprésente.

Les caméra-vidéo dans les rues, les hôtels, les monastères nous rappellent à tout moment que nous ne sommes pas dans un pays libre. Tous les chemins d’accès au Barkhor et au Jokang, au cœur du centre historique de Lhassa, sont équipés de guérites policières. Nous sommes fichés, nos téléphones sur écoute. Nous, les touristes. Pour les Tibétains, la surveillance, le fichage électronique et les contrôles permanents ont des conséquences plus graves qui peuvent faire basculer leur vie à tout moment : disparition, emprisonnement, tortures. Le simple fait de vivre au Tibet est un acte de résistance.

Au Tibet, la Chine exploite les innombrables richesses minières et forestières mais aussi l’EAU.

Le Tibet alimente en eau douce l’Asie toute entière, plus de 2 milliards de personnes, le tiers de l’humanité. Tous les fleuves d’Asie prennent leur source au Tibet. Ils vont irriguer le Pakistan, l’Inde du Nord, le Bangladesh, la Birmanie, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge, le Vietnam et bien sûr la Chine.

Le Dalaï Lama a écrit : « cette planète bleue est notre seule maison et le Tibet est le toit de cette maison. Si le plateau tibétain doit être protégé, ce n’est pas seulement pour les Tibétains mais c’est pour la santé et la pérennité du monde tout entier. »

Malgré plus d’un demi-siècle d’étouffement par la Chine, le TIBET est toujours debout.

Aller visiter le Tibet, c’est aider les Tibétains dans leur résistance.

Aider les Tibétains en exil, c’est leur donner les moyens de sauver une culture menacée, c’est témoigner de l’existence du Tibet et c’est aussi garder l’espoir de leur retour, un jour, dans un Tibet libéré.

Gilbert Leroy